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Vous êtes banquier, monsieur ? – Oui, monsieur, je fais une banque, et une fameuse ! J’ose le dire : je fais la banque du commerce de Beaucaire, capital 4 millions. Ma haute capacité, ma probité, mes connaissances financières sont une garantie du plus immense succès, aussi les actions s’enlèvent, on se bat pour en avoir et l’on en a pas, elles sont toutes prises…... – Tant mieux, monsieur ; car il vous sera plus facile de payer cette lettre de change de cent écus pour laquelle je vous arrête. – (Macaire stupéfait) Fichtre !! C’est différent !….. Alors, monsieur, la vraie vérité, c’est que je n’ai pas le sou, je n’ai pas le premier sou !…. Mais, attendez un peu et la première action qui se placera sera pour vous.
Avis : On souscrit chez Mr. Bertrand, Agent de change. Mr. Wormspire, Banquier, et Mandrin, Notaire. |
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Dis donc, Macaire qué que c’est que c’thé d’la mère Gibou que nous faisons là ? – Bêta ! C’est du bitume. – De la boue, de la crotte et des cailloux, tu appelles ça du bitume ? excusez !.. faudra que les actionnaires soient bons enfans s’ils avalent celui-là….. – Bah ! ils avalent bien le bitume vitrifié, le bitume coloré, le bitume marbre, y-z-ont les foies chauds; c’est des vrais poulets d’inde, ça digère tout. |
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Brevet d’invention, capital 3 millions.
Comment vous appelez-vous brave homme ? – M’sieu, je m’appelle Godichard dit Boit-z-à mort. – Ah vous êtes le fameux Godichard, l’inventeur de la poudre bitumeuse ! – Non, m’sieu, j’ai pas inventé la poudre ….. Si fait, si fait ! et la preuve, c’est que nous vous offrons cinq cents francs pour votre procédé, votre matériel et surtout votre nom. Vous serez gérant de la société du Bitume Godichard. Qué j’aurai à faire, m’sieu ? Vous n’aurez qu’à boire, manger, dormir et signer. – Mais m’sieu, je sais pas signer. – Qué qu’ça fait ! nous autres, du comité de surveillance, nous signerons pour vous. |
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Robert Macaire magnétiseur.
Voici un excellent sujet………pour le magnétisme……. Certes ! il n’y a pas de commerage, je n’ai pas l’honneur de connaitre M.elle de St.Bertrand et vous allez voir Messieurs, l’effet du somnambulisme…
(M.elle de St.Bertrand donne dans son sommeil des consultations sur les maladies de chacun, indique des trésors cachés sous terre et conseille de prendre des actions dans le papier Mozart, dans les mines d’or et dans une foule d’autres fort belles opérations). |
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Robert Macaire Md. de Bibles.
(Bertrand). Les souscripteurs disent que nous sommes des farceurs, que nous nous f…..fichons deux et ils nous f…… fichent à la porte…… (Robert Macaire). De quelles expressions vous servez vous drôle !… parlez plus décemment devant moi ou je vous f…fi….flanque par la fenêtre……..Ce sont vos airs mondains, vos paroles mondaines qui scandalisent les souscripteurs, retournez y….. s’ils vous fichent à la porte, rentrez par la fenêtre.. s’ils vous fichent un soufflet, tendez l’autre joue…… mais ne revenez pas sans abonnements, malheureux ou je vous f…. ma malédiction ! |
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(Bertrand) Dis donc, s’ils allaient nous faire un mauvais parti tous ces meurt-de-faim là ?… (Robert Macaire) Qui, la populace ?… tu ne la connais pas, ça crie, ça geule après les gens riches, comme les chiens après les mendians, mais ça ne mord pas……….. c’est pas méchant c’est bête et v’la tout…… (Il crie très haut) héééé…..hopp !!….. garrrre…gare-gare !…… (Le peuple remarque avec attendrissement qu’il n’a écrasé personne et qu’il a l’air très bon enfant). |
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446 |
Robert Macaire Directeur d’un journal industriel.
Monsieur, je fais le plus grand cas de votre opération, c’est une affaire magnifique….. Voulez vous que j’en rende compte dans mon journal La Commandite ? – Monsieur vous êtes bien honnête, cela me fera plaisir…… - pour 1000 f. je vous ferai un article ronflant….. - mille francs !!…c’est horriblement cher, j’aime mieux m’en passer…. – Comme vous voudrez, mais dans ce cas tenez vous bien car je vais discuter votre brevet, contester votre apport évaluer vos bénéfices….. je dois à ma conscience d’éclairer le public sur toutes les affaires désastreuses et je n’irai pas manquer à ma mission pour vous faire plaisir. |
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Monsieur, je méprise le charlatanisme de l’affiche, je méprise les Pufs de l’annonce, j’abhorre tout ce qui sent le charlatan, le sauteur, le danseur de corde et je me borne à produire tout naïvement tout bêtement ma marchandise. Lisez mon catalogue ! Parfum de l’amour, de l’estime et de l’amitié, en flacons moyen âge….. Extrait de sourire de l’enfance – Parfum des premiers pas d’Adolphe – Eau de l’alliance des peuples, pour le mouchoir, avec la chanson de Beranger. Parfum du Général Foy, odeur pour raffermir les fibres du cerveau et rappeler aux français leurs libertés et leurs droits garantis par la charte constitutionnelle. Entouré d’un discours prononcé sur la tombe de l’immortel député par un de ses honorables collègues. Vous le voyez il est impossible d’être plus simple…….. |
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Laissez venir à moi les petits enfans !
Comprends-tu la parabole, Bertrand ? – comprends pas ! – bêta ! nous formons une association paternelle et philantropique, nous recevons 5/0 dans le présent, pour donner 500 pour 100 dans l’avenir…….. Et que ficherons nous dans l’avenir. – Nous ficherons le camp, Bêta ! et nous planterons là la tontine, Ton-ton, ton-ton, Tontine, ton-ton ! |
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449 |
Triomphe de la probité politique, Commerciale, Litteraire etc. etc. …….
(Très haut) Mes amis……. mes bons amis,…… vous me récompensez trop dignement de mes travaux…… vous me vengez noblement de mes cruels ennemis….. mes amis je suis confus……. (Bas) chaud ! chaud !! Bertrand, pousse à la roue pousse ferme. |
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Triomphe de la probité politique, Commerciale, Litteraire etc. etc. …….
(Très haut) Mes amis……. mes bons amis,…… vous me récompensez trop dignement de mes travaux…… vous me vengez noblement de mes cruels ennemis….. mes amis je suis confus……. (Bas) chaud ! chaud !! Bertrand, pousse à la roue pousse ferme. |
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450 |
Oui, Monsieur, moyennant un petit abonnement a notre assurance vous serez assuré de mourir…… de mourir en homme comme il faut ; de vous en aller dans une bonne voiture, bien commode ; d’être pleuré par les pauvres de l’arrondissement et de laisser une veuve inconsolable en lettre d’or sur votre tombeau….. – Et si vous ne teniez pas vos promesses ? – alors il vous resterait nos quittances et votre recours devant les tribunaux. |
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A tous les cœurs bien nés que la patrie est chère !!……
Adieu pays des arts et des briquets phosphoriques…….Adieu terre ingrate qui chasse tes enfans, qui les exile, qui les persécute… adieu !!!… je porte ailleurs mes pénates mon industrie et mes capitaux…… mais je te laisse mon cœur…… prends garde de le perdre……. |
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452 |
Musique pyrotechnique, Charivarique et Diabolique.
Simple ménétrier de bastringue, Macaire a compris son époque. Nous ne vivons pas dans un temps d’harmonie, il faut du bruit beaucoup de bruit ! c’est pourquoi Macaire fait des vers charabias, introduit les fusées et les pistolets dans la symphonie et fait de la musique à coup de canon…… C’est plus ronflant et surtout plus facile !…. Habitués des cabarets, cafés borgnas,.. Chefs d’établissements coulés, directeurs de concerts en plein vent, propriétaires de jardins déserts, Macaire serait votre dieu d’il enfonçait Strauss et Musard comme il enfonce ses créanciers. Baouud ! Baouud ! Pouff! Pouff!! Pââââouff !!!… |
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453 |
Une autre fois je fis encore un bon tour…… j’avais créé une société au capital de dix millions pour l’exploitation des tiges de bottes en carton….. je n’avais placé que huit actions représentant 1200 malheureux francs….. j’assemble mes huit actionnaires ! et je leur tient à peu près ce langage.
Eh ! bonjour Messieurs les badeaux, Que vous êtes jolis, que vous me semblez beaux !
Je leur promets plus de fromage que de pain, je leur distribue un dividende de 50/00 je les chauffe un peu, et je laisse mijoter……. le lendemain on s’arrachait mes actions, je les place toutes et à la réunion suivante je dis:
Dans le dernier compte, je me suis trompé, j’avais oublié le prix du carton et la façon, vous me redevez le dividende distribué, je vais le retenir……… je posai zéro et je retint le reste.
Ah ! ah ! ah! ah (fait Bertrand) – hi! hi! hi! hi! (fait Wormspire.) |
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Une autre fois je fis encore un bon tour…… j’avais créé une société au capital de dix millions pour l’exploitation des tiges de bottes en carton….. je n’avais placé que huit actions représentant 1200 malheureux francs….. j’assemble mes huit actionnaires ! et je leur tient à peu près ce langage.
Eh ! bonjour Messieurs les badeaux, Que vous êtes jolis, que vous me semblez beaux !
Je leur promets plus de fromage que de pain, je leur distribue un dividende de 50/00 je les chauffe un peu, et je laisse mijoter……. le lendemain on s’arrachait mes actions, je les place toutes et à la réunion suivante je dis:
Dans le dernier compte, je me suis trompé, j’avais oublié le prix du carton et la façon, vous me redevez le dividende distribué, je vais le retenir……… je posai zéro et je retint le reste.
Ah ! ah ! ah! ah (fait Bertrand) – hi! hi! hi! hi! (fait Wormspire.) |
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454 |
Messieurs, voici la vérité, je suis un petit voleur, mais Mr. Macaire en est un grand…… J’ai chipotté, chipotaillé des riens, il a grinché, floué, agioté sur une grande échelle, j’ai gagné la misère et la police correctionnelle, il a gagné des millions et il m’accuse.
Le tribunal n’ayant pas à juger le grand voleur, condamne le petit, et Macaire se retire la tête haute. |
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Messieurs, voici la vérité, je suis un petit voleur, mais Mr. Macaire en est un grand…… J’ai chipotté, chipotaillé des riens, il a grinché, floué, agioté sur une grande échelle, j’ai gagné la misère et la police correctionnelle, il a gagné des millions et il m’accuse.
Le tribunal n’ayant pas à juger le grand voleur, condamne le petit, et Macaire se retire la tête haute. |
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455 |
Piété Filiale.
Quel jour affreux, Messieurs, pour les actionnaires, les administrateurs, les directeurs, les gobloteurs de la société industrielle, que le jour ou chacun s’abordait en s’écriant Madame la commandite se meurs…. madame la commandite est morte !…. hélas ! il est vrai, cette mère généreuse est morte…. très morte ! on ne peut pas plus morte !…. saint Bérain ! grand patron de la déconfiture, reçois aux cieux l’ame de notre mère commune, elle fut comme toi, martyr des haines politiques. – Messieurs, une souscription par actions est ouverte chez moi pour l’érection d’un mausolée sur lequel on lira : A la mère des Robert Macaire ; Elle fut digne du Panthéon, elle mourut en faillite…… |
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456 |
Un duel.
Vois tu, je t'aurai dit: tu es un coquin, et toi tu voudras te battre en duel. Alors je te tue…. – Mais non, puisque c’est toi qui m’as dit coquin, c’est moi que je te tue… - Non, non, ça ne se fait pas comme ça |
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