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Robert Macaire agent d’affaires.
Hier je me suis trompé en disant que votre affaire est bonne, elle est détestable. Le gouvernement vous doit cinq cents mille francs, c’est vrai, mais la créance n’a pas été reconnue, il y a aujourd’hui déchéance, vous n’aurez pas un sou. – Cependant, tenez, j’y pense, voici Mr. de St. Bertrand un riche capitaliste, un imbécille, vendez lui vos droits cent écus, ce sera une affaire magnifique…. (à part) et pas chère. |
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Robert-Macaire Libraire.
Messieurs et Dames y aurait-il dans cette aimable localité quelqu’un qui voudrait se faire un fort joli revenu sans peine et sans travail ?… S’il en est un, qu’il prenne en dépôt mes abécédaires….. C’est une spécialité pour laquelle il n’est pas besoin d’être libraire, pas besoin d’être connaisseur, pas besoin de savoir lire, au contraire ! – Il suffit de me verser un cautionnement….. Les plus gros sont les meilleurs, comme dit la chanson. |
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Robert-Macaire Commis-voyageur.
Comment, diable ! Mr Dumont, un homme comme vous doit avoir les connaissances utiles !!… il faut que je vous abonne……. – Non, non, c’est inutile, je n’en veux pas. – Vous avez bien raison !… mais je vous vendrai une bonne pièce de Bordeaux – Non, non, c’est un vin trop froid, je ne l’aime pas… - Vous avez ma foi bien raison ! n’en parlons plus, je vous inscris seulement pour les connaissances utiles et pour une pièce de Bordeaux…. – Non, Mr. Macaire, non ! – C’est bon, mon dieu ! C’est bon ! Vous me payerez ça quand vous voudrez, j’enverrai demain la quittance ! |
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Robert-Macaire agent matrimonial.
Mr. Gobard, j’ai l’honneur de vous présenter Mme de St. Bertrand veuve de la grande armée, jouissant d’une fortune très conséquente, et Mlle Eloa de Wormspire, fille du célèbre baron de Wormspire à qui le grand homme a légué 50 mille livres de rente sur le gros livre. Ces dames brulent du désir de faire votre connaissance, je les ai invitées à diner chez vous ce soir, vous nous mènerez à l’opéra et nous ferons une petite partie d’écarté…. Mr. Gobard ces dames ont des projets sur vous, tenez vous bien. |
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Nous sommes actionnaires de l’institut agricole et archi-colle de Coëtbo de Physiono-trappe de feu la société sanitaire, des Mors-Lycos, du papier de sureté pour les voleurs, de la Blague, journal très politique et d’une foule d’autres opérations philantropiques, nous venons de toucher nos dividendes et nous les mangeons en parties de plaisir…….. Garçon encore un sou de fromage ! |
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Robert-Macaire Banquier et Juré.
La nouvelle ne peut pas être connue à Bordeaux, prends la poste, crève dix chevaux, arrive le premier, joue ferme à la baisse et nous réalisons encore un million à coup sur ……….. moi, je vais au Palais, nous condamnons ce matin, un drôle qui a volé dix francs…….. volé dix francs……. ppppolisson !!! |
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Robert-Macaire au restaurant.
Mon dieu !… par le plus grand de tous les hasards, mon ami et moi, nous n’avons pas pris d’argent ce matin ……. Comme vous n’avez pas l’honneur de nous connaître je vous prie d’accepter en garantie des 6 f. 25 c. que nous vous devons, ces dix actions du journal la Presse, ou bien le chapeau de mon ami…. – J’aime encore mieux le chapeau de votre ami ! |
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A TOUTES LES PERSONNES QUI ONT DES CAPITAUX A PERDRE.
Pour cent francs, un centime et quart à manger par douze heures…… EN VOILA DES RENTES !! Principes nouveaux. Nous divisons l’intérêt en centimes et par heures….. EN VOILÀ DE L’INVENTION !!! Garanties offertes aux actionnaires. Le gérant prendra l’argent de la société et en déposera une partie à la banque…….. EN VOILÀ UNE BANQUE!!!! Capital…….. Nous ne le disons pas, il faut le voir pour le croire…………. EN VOULEZ VOUS DE L’INDUSTRIE, EN VOILA !!!!!!!! (2e planche) |
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376 |
La part du lion.
Doucement! Doucement! Messieurs! Nous avons cent louis; il m'en revient quatre-vingt, dix-huit à Mr. Le Comte de St. Bertrand, restent deux et vous êtes quinze pour les réclamer...... C'est singulier ces éternelles réclamations!! Vraiment, on ne peut pas se tromper comme ça!...Que diable, Messieurs, nous sommes tous d'honnêtes gens, arrangez-vous, partagez vous ces deux louis, ne faisons pas de scandale! |
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La part du lion.
Doucement! Doucement! Messieurs! Nous avons cent louis; il m'en revient quatre-vingt, dix-huit à Mr. Le Comte de St. Bertrand, restent deux et vous êtes quinze pour les réclamer...... C'est singulier ces éternelles réclamations!! Vraiment, on ne peut pas se tromper comme ça!...Que diable, Messieurs, nous sommes tous d'honnêtes gens, arrangez-vous, partagez vous ces deux louis, ne faisons pas de scandale! |
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380 |
Un mariage d’argent.
Eh ! Quoi Eloa !…. Vous m’avez trompé !….. Vous n’êtes pas la fille de votre père !…. Son titre de comte n’est qu’un conte !…. Vos châteaux sont des charges, votre immense fortune est une immense blague !!…. O tempora ô mores !! C’est à dire que je suis refait comme un simple jobard! |
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381 |
Robert Macaire, Négociant.
Hé bien ! Monsieur Macaire, vous reprenez donc vos opérations ? – Oui j’ai mon concordat. Parbleu ! mes créanciers ne se plaindront pas, je leur abandonne: En traites sur la maison Bertrand Wormspire et Cie……. un million. En une créance sur le gouvernement des iles Sandwich….. un million. en bons d’Espagne………………. un million. La dot de ma femme en actions sur le papier, les tiges de bottes, les parapluies, les cuisines roulantes et autres banques industrielles……. un million. Total, quatre millions et je n’en dois que trois ! On ne dira pas que je fais perdre un sou !….. – Mais ces créances me semblent difficiles à recouvrer. Croyez-vous qu’on les fera rentrer ? – Ah pour cela, ça ne me regarde pas, écoutez donc ! C’est l’affaire de mes créanciers et je ne me mêle pas des affaires des autres. |
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Robert Macaire, Négociant.
Hé bien ! Monsieur Macaire, vous reprenez donc vos opérations ? – Oui j’ai mon concordat. Parbleu ! mes créanciers ne se plaindront pas, je leur abandonne: En traites sur la maison Bertrand Wormspire et Cie……. un million. En une créance sur le gouvernement des iles Sandwich….. un million. en bons d’Espagne………………. un million. La dot de ma femme en actions sur le papier, les tiges de bottes, les parapluies, les cuisines roulantes et autres banques industrielles……. un million. Total, quatre millions et je n’en dois que trois ! On ne dira pas que je fais perdre un sou !….. – Mais ces créances me semblent difficiles à recouvrer. Croyez-vous qu’on les fera rentrer ? – Ah pour cela, ça ne me regarde pas, écoutez donc ! C’est l’affaire de mes créanciers et je ne me mêle pas des affaires des autres. |
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382 |
Bureau de remplacemens militaires.
Y a Marchandise et Marchandise ! voulez-vous un remplacement commun, ça n’vous coûtera que 800 fr. – mais j’vous en préviens, c’est des filous, des voleurs, ça n’reste pas au régiment, ça s’donne de l’air à la première occasion et faut r’joindre…….. Voulez-vous y mettre 1,500 francs, prenez-moi ça, c’est pas beau, mais c’est bon, ça a des papiers …….. tant qu’on en veut ! et ça n’bronchera pas du service pendant vos six ans. Bertrand (à part) Compte là d’ssus, Pékin ! |
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383 |
Robert-Macaire Boursier.
(Robert se répand dans les groupes en colportant des nouvelles qu’à la Bourse on trouve importantes)… J’apprends par courrier extraordinaire que le roi d’Angleterre à la coqueluche…. une conspiration vient d’éclater à Pezenas, un Caporal a proclamé la république et a entraîné toute son escouade….. le choléra est à Paris, je l’ai vu comme je vous vois, la police est sur ses traces…. (La rente baisse, Bertrand achète, alors Robert change de langage). Tout ce que je viens de vous dire est faux, je reçois, par le courrier ordinaire, la nouvelle que le roi d’Angleterre va bien, le caporal de Pezenas chantait la Mère godichon et son escouade faisait chorus, mon correspondant s’est trompé, quant au choléra, il est mort, son médecin l’a tué …… (La rente hausse, Bertrand revend avec bénéfice, et Macaire dit en s’en allant : enfoncé les Bêtas !). |
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Robert-Macaire devant ses juges.
Hé bien ! Oui Messieurs, j’ai eu des malheurs en cour d’assises…… Mais le malheur est toujours respectable !… D’ailleurs s’il est vrai, comme on l’a dit, que j’aie l’habitude des soustractions, je suis plus excusable qu’un autre puisqu’il m’est plus difficile de résister à mon penchant…….. Au reste, je suis accusé d’avoir vendu du plomb pour de l’or ? Vingt témoins le soutiennent hé bien ! Je le nie quarante fois et puisque deux négations valent une affirmation, il est clair que vous devez nécessairement m’acquitter. Après cette brillante improvisation Robert-Macaire est condamné au maximum de la peine. |
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386 |
- Que diable ! Macaire, te voilà à la tête d’un bureau de charité, est-ce que tu vas tout garder pour toi ? Ne donneras tu rien à ton pauvre Bertrand ? – Pauvre ! Dis-tu ? Toi qui vis avec rien, toi qui n’a pas d’habitudes de dépenses ! Que suis-je donc moi qui ne peux me passer de valets, de chevaux, de maîtresses, de luxe enfin…….. Va, je suis le plus pauvre de mon arrondissement, l’argent des aumones me revient de droit. |
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387 |
Robert Macaire journaliste.
Je vous apporte un article sur la loi nouvelle. Je l'éreinte drôlement, vous verrez! - Mais à quoi pensez-vous, Monsieur Macaire, ce n'est pas à nous qu'il convient d'attaquer cette loi-là, nous devons la défendre. - Ah! Bien! Bien! Je vais retoucher ça, et je vous en fais un article mousseux en faveur de la susdite. |
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388 |
Diable ! Respectons les convenances !
Mr. Mr. Durand, un homme taré, un parvenu, dont la fortune vient on ne sait d’où…… Je ne puis pas accepter une invitation comme cella là, je ne puis pas m’encanailler…… C’est impossible ! |
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389 |
Robert Macaire Schismatique.
- En vérité, en vérité! Je te le dis, Bertrand, le temps de la commandite va passer, mais les badauds ne passent pas! Occupons nous de ce qui est éternel... Si nous faisions une religion? Hein! - Diable! Diable! Une religion, ce n'est pas facile à faire! T'es toujours bête, Bertrand! On se fait Pape, on loue une boutique, on emprunte des chaises et l'on fait des sermons sur la mort de Napoléon, la découverte de l'Amérique, sur Molière, sur n'importe quoi! V'là une religion, ce n'est pas plus difficile que ça. |
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