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Robert-Macaire, Avoué.
Gagné mon cher, gagné sur tous les points ! – C’est bien temps, un procès qui a duré dix ans et qui m’a ruiné ! – Mieux vaut tard que jamais ! – Enfin combien me revient-il ? Le voici: la cour vous accorde 12000 f. - Nous avons 13500 f. de frais. Vous ne me devez plus que 1500 f. - Mais alors, je perds 1500 f. – Oui, mais vous gagnez votre procès. |
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- Monsieur on m’a volé un billet de 1000 f. – Très bien ! Madame j’ai votre affaire, le voleur est un de nos amis. – Pourrais-je ravoir mon billet et connaître celui qui me l’a pris ? – Rien n’est plus facile ! Donnez moi 1500 f. pour mes démarches et demain le voleur vous rendra le billet et vous remettra sa carte. |
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Mr. de Robert-Macaire restaurateur.
Nous exploiterons la carotte en grand! Nous servirons le potage en voiture, nous aurons des tables sur toutes les bornes, nous ferons pleuvoir dans Paris les allouettes roties…… Nous ….. Avez-vous déjà réalisé quelque chose de ce beau projet ? – Comment donc ! mais sans doute, sans doute ! j’ai réalisé les actions. |
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Robert Macaire agent d’affaires.
Hier je me suis trompé en disant que votre affaire est bonne, elle est détestable. Le gouvernement vous doit cinq cents mille francs, c’est vrai, mais la créance n’a pas été reconnue, il y a aujourd’hui déchéance, vous n’aurez pas un sou. – Cependant, tenez, j’y pense, voici Mr. de St. Bertrand un riche capitaliste, un imbécille, vendez lui vos droits cent écus, ce sera une affaire magnifique…. (à part) et pas chère. |
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Robert-Macaire Libraire.
Messieurs et Dames y aurait-il dans cette aimable localité quelqu’un qui voudrait se faire un fort joli revenu sans peine et sans travail ?… S’il en est un, qu’il prenne en dépôt mes abécédaires….. C’est une spécialité pour laquelle il n’est pas besoin d’être libraire, pas besoin d’être connaisseur, pas besoin de savoir lire, au contraire ! – Il suffit de me verser un cautionnement….. Les plus gros sont les meilleurs, comme dit la chanson. |
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Robert-Macaire agent matrimonial.
Mr. Gobard, j’ai l’honneur de vous présenter Mme de St. Bertrand veuve de la grande armée, jouissant d’une fortune très conséquente, et Mlle Eloa de Wormspire, fille du célèbre baron de Wormspire à qui le grand homme a légué 50 mille livres de rente sur le gros livre. Ces dames brulent du désir de faire votre connaissance, je les ai invitées à diner chez vous ce soir, vous nous mènerez à l’opéra et nous ferons une petite partie d’écarté…. Mr. Gobard ces dames ont des projets sur vous, tenez vous bien. |
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Nous sommes actionnaires de l’institut agricole et archi-colle de Coëtbo de Physiono-trappe de feu la société sanitaire, des Mors-Lycos, du papier de sureté pour les voleurs, de la Blague, journal très politique et d’une foule d’autres opérations philantropiques, nous venons de toucher nos dividendes et nous les mangeons en parties de plaisir…….. Garçon encore un sou de fromage ! |
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Robert-Macaire Banquier et Juré.
La nouvelle ne peut pas être connue à Bordeaux, prends la poste, crève dix chevaux, arrive le premier, joue ferme à la baisse et nous réalisons encore un million à coup sur ……….. moi, je vais au Palais, nous condamnons ce matin, un drôle qui a volé dix francs…….. volé dix francs……. ppppolisson !!! |
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Robert-Macaire au restaurant.
Mon dieu !… par le plus grand de tous les hasards, mon ami et moi, nous n’avons pas pris d’argent ce matin ……. Comme vous n’avez pas l’honneur de nous connaître je vous prie d’accepter en garantie des 6 f. 25 c. que nous vous devons, ces dix actions du journal la Presse, ou bien le chapeau de mon ami…. – J’aime encore mieux le chapeau de votre ami ! |
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A TOUTES LES PERSONNES QUI ONT DES CAPITAUX A PERDRE.
Pour cent francs, un centime et quart à manger par douze heures…… EN VOILA DES RENTES !! Principes nouveaux. Nous divisons l’intérêt en centimes et par heures….. EN VOILÀ DE L’INVENTION !!! Garanties offertes aux actionnaires. Le gérant prendra l’argent de la société et en déposera une partie à la banque…….. EN VOILÀ UNE BANQUE!!!! Capital…….. Nous ne le disons pas, il faut le voir pour le croire…………. EN VOULEZ VOUS DE L’INDUSTRIE, EN VOILA !!!!!!!! |
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Robert-Macaire renait de ses cendres.
Par ma foi ! La compagnie joue de malheur !….. Hier je fais assurer ma fabrique de colles-fortes et mon usine de pierres à fusil, à peine suis-je en règle avec vous que le feu se déclare sur quatre points. Tout est brulé, fondu, fricassé, je n’ai pu sauver que la plaque et mon contrat d’assurance. Je perds cent mille trois cents francs, cinquante et un centimes que vous allez me rembourser ..... ………………. Quel effroyable malheur !! |
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La part du lion.
Doucement! Doucement! Messieurs! Nous avons cent louis; il m'en revient quatre-vingt, dix-huit à Mr. Le Comte de St. Bertrand, restent deux et vous êtes quinze pour les réclamer...... C'est singulier ces éternelles réclamations!! Vraiment, on ne peut pas se tromper comme ça!...Que diable, Messieurs, nous sommes tous d'honnêtes gens, arrangez-vous, partagez vous ces deux louis, ne faisons pas de scandale! |
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Robert Macaire professeur d’industrie.
Exemple : Vous achetez un procédé nouveau, n’importe quoi, bon ou mauvais, vous l’achetez 600 f. – 500 f. 25 francs, le moins possible ! Vous créez 500,000 f. d’actions, le plus possible ! Vous faites des annonces-monstres, des affiches-monstres, des promesses-monstres, vous réalisez le capital, vous l’empochez, vous mettez ensuite la clé sous la porte, vous déposez votre bilan, c’est-à-dire le bilan de la société……… Le tour es fait et vous passez à un autre. |
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Cabriolets en actions.
Ça n’roule pas, mon cheval me mange, les frais me dévorent, je crève de faim. – Que t’es bête, mon pauvre Bertrand ! Change ton poulet d’inde contre un pur-sang, ton sabot de 1200 balles contre un tilbury, ta livrée de misère contre une pellure de jockei, mets ton zéphir en actions….. Capital trrrrrrrois cent- mille francs ! Des promesses, des blagues à tord et à travers, augmente tes dépenses, diminue tes bénéfices, tu te rattraperas sur la quantité….. – Sur la quantité de quoi ? – La quantité d’actions, jobard !! |
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Robert-Macaire mendiant distingué.
Monsieur, est-ce bien à vous que j’ai l’honneur de parler ? – A moi-même, Monsieur. – J’en suis charmé ! Vous avez là un bien joli chien !….. En usez vous ?…. Parbleu ! Monsieur, vous devez connaître ma famille, les Macairbec ? Nous sortons tous de Brest, mon aïeul servait le Roi sur ses galères, mon père et moi appartenons aussi à la marine. Des malheurs judiciaires, des persécutions politiques nous ont plongés dans une affreuse débine et je n’hésite pas à vous demander un secours de dix francs….. – Monsieur, je ne donne pas aux personnes que je ne connais pas. – C’est juste, c’est juste ! Dans ce cas, prêtez moi dix francs. |
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Un mariage d’argent.
Eh ! Quoi Eloa !…. Vous m’avez trompé !….. Vous n’êtes pas la fille de votre père !…. Son titre de comte n’est qu’un conte !…. Vos châteaux sont des charges, votre immense fortune est une immense blague !!…. O tempora ô mores !! C’est à dire que je suis refait comme un simple jobard! |
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Bureau de remplacemens militaires.
Y a Marchandise et Marchandise ! voulez-vous un remplacement commun, ça n’vous coûtera que 800 fr. – mais j’vous en préviens, c’est des filous, des voleurs, ça n’reste pas au régiment, ça s’donne de l’air à la première occasion et faut r’joindre…….. Voulez-vous y mettre 1,500 francs, prenez-moi ça, c’est pas beau, mais c’est bon, ça a des papiers …….. tant qu’on en veut ! et ça n’bronchera pas du service pendant vos six ans. Bertrand (à part) Compte là d’ssus, Pékin ! |
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La fortune fait oublier les amis.
John ! Portez ces 500 f. à Mr le Curé pour les pauvres de la paroisse. Qu’on sache bien que c’est moi qui les donne. – Oui, Monsieur le Comte…… J’oubliais de dire à Monsieur que cet homme est revenu. – Quel homme ? – Ce pauvre homme qui prétend être un ancien ami de Mr. Le Comte, il s’appelle Bertrand… - Bertrand…. Bertrand ! Je ne connais pas ça. Dites toujours que je n’y suis pas. |
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- Que diable ! Macaire, te voilà à la tête d’un bureau de charité, est-ce que tu vas tout garder pour toi ? Ne donneras tu rien à ton pauvre Bertrand ? – Pauvre ! Dis-tu ? Toi qui vis avec rien, toi qui n’a pas d’habitudes de dépenses ! Que suis-je donc moi qui ne peux me passer de valets, de chevaux, de maîtresses, de luxe enfin…….. Va, je suis le plus pauvre de mon arrondissement, l’argent des aumones me revient de droit. |
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Robert Macaire journaliste.
Je vous apporte un article sur la loi nouvelle. Je l'éreinte drôlement, vous verrez! - Mais à quoi pensez-vous, Monsieur Macaire, ce n'est pas à nous qu'il convient d'attaquer cette loi-là, nous devons la défendre. - Ah! Bien! Bien! Je vais retoucher ça, et je vous en fais un article mousseux en faveur de la susdite. |
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